

Psychanalyste n’est pas une profession, ni une fonction sociale, plutôt la façon éthique d’assumer une sorte de "suicide social" (…)
LES SÉMINAIRES
Lacan, nous et le Réel.
#114 - bouts de réel.
#113 - Je est rien.
« Dès que ça se sait, [dès] que quelque chose vient au savoir du réel, il y a quelque chose de perdu, et la façon la plus certaine d’approcher ce quelque chose de perdu, c’est de le concevoir comme un morceau de corps. »
La séance montre comment, à partir de l’ambiguïté freudienne entre amour et identification — où le sujet peut à la fois aimer l’objet et vouloir être comme lui — Lacan déplace la question vers une dialectique de l’être et de l’avoir : le sujet se constitue dans un mouvement où il est d’abord objet pour l’Autre avant de pouvoir se situer comme sujet, et où « être » et « avoir » se répondent sans jamais se confondre. Cette dialectique est structurée par la castration et par la perte introduite par le signifiant ; l’angoisse surgit précisément lorsque cette séparation vacille, lorsque le manque vient à manquer et que l’objet petit (a) devient trop présent, trop réel.
L'angoisse, pour Lacan, n'est pas tant signal du manque (Freud) mais signal du manque du manque : quand l'objet se tient trop près, il bouche l'horizon et empêche le manque qui seul soutient le désir. D'où la distinction entre l'objet cause du désir — introjecté, fonctionnant comme fétiche et l'objet du désir, pris dans une métonymie sans fin.
Au moment où le sujet dit « je » : c'est là que se situe le petit (a). Le sujet lui-même n'est jamais saisissable, évanescent entre deux signifiants — il « est rien », rien étant lié à la Chose plutôt qu'au vide de la demande.
Le fantasme protège de l'angoisse en évacuant le réel dans un scénario imaginaire ; mais vouloir le réaliser fait exploser la structure psychique. Passage à l'acte et acting out sont deux autres voies, plus précaires, d'échapper momentanément à la certitude de réel que porte l'angoisse.
Sadisme et masochisme ne sont pas symétriques mais une transposition entre petit a et grand A à partir du renversement de la formule du fantasme. Le sadique refuse sa position d'objet en la faisant porter à l'autre (« ce n'est pas moi, c'est l'autre »). Le masochiste, lui, l'assume du côté du grand Autre — c'est pourquoi le pervers authentique est le masochiste, ce que Christian Dubuis Santini relie au cas Eichmann. (Banalité du mal).
POLITIQUE DE LA PSYCHANALYSE

Seule une critique de l’idéologie pourrait permettre au sujet de s’extraire de l’impasse discursive dans laquelle se sont enfoncées les "démocraties occidentales", en prise aux puissants Denkverbot (interdit de penser) que sont :
- L’innovationnisme technologique
- L’écologisme-climatisme
- Le lgbtisme-féminisme
- L’antiracisme…
qui par le surmoi social (Kultur-Überich) qu’ils font peser sur le sujet du discours courant, ouvrent la porte à un fascisme numérique supranational plus toxique, régressif et dévastateur que tout ce que l’humanité a connu jusque là…ologie libérale-libertaire dont se soutiennent les technologies dites "numériques", le sacro-saint mythe progressiste identifié aux seules performances machiniques du calcul : 0 ou 1.
À l’opposé de cet obscurantisme new-age, pour ceux qui ont appris à compter jusqu’à trois, il y a la découverte freudienne de l’inconscient dont les conséquences restent encore largement ignorées plus d’un siècle après…
